Eric Morin

Le travail de Michel Jouët est dense et fécond. Il nous mène de surprise en surprise malgré l’économie de moyens mis en œuvre. L’apparente rigueur de ces prodictions minimalistes ne peut guère occulter le foisonnement des expérimentations sous-jacentes.

Et il y à là comme une -malicieuse- incitation à a créativité à laquelle il est bien difficile de résister. Ainsi, les traits et les trames se perdent-ils dans des jeux aux variations infinies. La lumière et le mouvement se moquent d’une perception trop assurée de la réalité tandis que les transparences ajoutent au trouble. Le carré, forme privilégiée s’il en est, doit de temps en temps accepter la cohabitation avec le cercle, voire même lui céder la place. Les pliages et les recouvrements appellent insensiblement la venue des volumes qui ne manquent jamais de pencher vers des équilibres instables. Les effets d’opacité ouvrent la voie aux dégradés de gris, véritable mise en couleur du noir et du blanc alors que les autres couleurs, instillées parcimonieusement, claquent avec retentissement. Le recours aux  matières les plus diverses (fil toile, métal, verre, plastique ou plume…) permet de démultiplier les points de vue.  Et le désordre, indispensable à l’ensemble, est  apporté par les cassures, les fractures ou pour le moins les fractionnements qui font disparaitre cadres et frontières.
Ainsi va la découverte de l’œuvre de Michel Jouët, au gré d’irrésistibles retournements et de nécessaires dépossessions. L’abandon est délicieux pour qui s’éloigne des apparences. N’a-t-on pas écrit, à juste titre, à propos de cet artiste que l’ordre est au service de la volupté » ?

 

Eric MORIN – 2009
Conservateur de musées

Jean Philippe Miraux

Né en 1951, formation Normale Sup. A publié des ouvrages sur l’autobiographie, le personnage romanesque, le portrait littéraire ainsi qu’à partir de textes de Raymond Queneau et de Samuel Beckett.

Il réfléchit et écrit sur le travail de Michel Jouët depuis une quarantaine d’années.

L’interrogation porte particulièrement sur l’origine du geste artistique et  sur l’énigme que constitue le pinceau qui s’achemine vers le tableau, et le tracé qui s’inscrit sur l’espace de la blancheur.

Textes

L’abandon des regards
Est abandon du monde.
Toi, l’œuvre,
Indique nous
L’aurore de nos clartés.

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Texte Russe – МИШЕЛЬ ЖУЭ

МИШЕЛЬ ЖУЭ

 

Мишель Жуэ родился 09/11/1943 в Шолэ (Франция ). Он рисует с девяти лет и орентируется в геометрическую абстракцию с начала 60-х годов.ִ

Он участвует в различных экспозициях с группами артистов (Сефором, Гориным, Моролэ и Пэром ) и в индивидуальных выставках.

Его первые произведения ( Концентрические окружнoсти на белом фоне, 1967 )

близки к зрительной игре в кинетике, далее подход Жуэ становится более тонким ( Поворачивание фигур на 25 градусов ). Белый и чёрный – любимые цвета артиста, который некоторое время не раскрашивает свои произведения.

Эти игровые смешания и строгость чёрной линин иногда смягчает металлическая вогнутость, которая продолжает и выносит её за пределы картины. В других произведениях оловянный трос дополняет зрительную игру ( Без названия, 1987-1991 ).Артист предсавлен в музее города Шолэ во Франции ( Пять кругов и квадратов , 1967 ). Индивидуальная выставка была посвяшана Мишелю Жуэ в 1995-1996 годах.

Serge Teskrat

D’une géométrie baroque à une géométrie curieuse

01 – Sur la route de Maulévrier

Les blés, mûrs à craquer, ondulent sous le vent. D’énormes machines, sophistiquées, les moissonnent. Les bottes, compressées, forment de gigantesques roues éparpillées ça et là, dans l’or des champs hérissées. Ce désordre incongrue s’absorbe et s’évanouit par la dissolution hallucinatoire de cette chaleur vibrante de l’après-midi.

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Bernard Truffault

Le Sphube

L’artiste, par exception, lui a donné un titre. Ce n’est pas une énigme, il y a sphère, il y a cube. Une chose est certaine, il occupe l’espace uniquement par des lignes. Il pique la curiosité, il parle à l’intuition mais est-ce une œuvre d’art ou bien un trompe-l’œil ?

Le géomètre, blasé, dresse un premier constat. C e fil noir décrit un carré gauche, dont les deux côtés déterminent deux plans horizontaux et deux verticaux.

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Emmanuelle Tenailleau

Paroles sensibles

Michel Jouët est un homme accueillant, prêt à vous recevoir dans son univers. Au fur et à mesure de la conversation, il se révèle entièrement tourné vers le futur, en quête d’universel et de pureté.

Voir son œuvre constitue une véritable expérience, physique, mentale, sensible. Une expérience nouvelle pour tous ceux qui ne pratiquent pas ce monde de l’art géométrique. Prenez le temps de vous laisser couler dans les espaces créés.

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Christiane Talmard

Une petite phrase de Jean TARDIEU, mise en citation dans ce catalogue, ne cesse de me traverser l’esprit comme une flèche décochée par un archer plein de malice et de subtilité, dès l’instant où je pense à Michel JOUËT.

« Prolonger une ligne droite à l’infini, qu’est-ce que vous trouverez au bout ? »

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Jacques Sauvageot

Michel Jouët : un art de la vie

Michel Jouët fait partie de tous ces artistes qui cherchent à développer un art qui soit résolument nouveau, moderne, contemporain, un art de la vie.

Il a commencé à peindre et à exposer dans les années soixante-dix avec des artistes comme Jean Gorin, François Morellet, Luc Peire, Michel Seuphor…, des artistes dits de « l’abstraction géométrique ».

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Claude Renouard

THEOREME

Il y en a plein, comme les volutes de l’Etna.

Des noirs des blancs parfois des rouges ou des gris.

Ce sont des jeux de formes géométriques, des lignes de surfaces, mais aussi des plans des forces, du hasard beaucoup, de l’humour.

Puis il y a le Monde, les murs, qu’il voit blancs, la nature, d’autres murs, d’autres espaces qui s’imposent et qu’il modifie par ses créations.

Un objet « tableau » ou « sculpture » de Jouët est insolite, l’accumulation des « Jouët » trouble, puis réjouit.

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Sylvain Reboul

LA GEOMETRIE EROTIQUE DE MICHEL JOUËT

La rencontre avec les œuvres de Michel Jouët me plonge dans l’équivoque: géométrie froide, minimale et néanmoins subtile, vibrante, sus tendue par une sensualité (dé)libérée : je découvre alors que, à l’opposé de l ‘art de François Morellet, du puritanisme moral de celui-ci qui se manifeste par l’humour et la dérision, Jouët, alors même qu’il utilise ou réinvente un langage proche, construit une géométrie variable du plaisir: un érotisme à la pureté ironique et joyeuse.

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